L’inauguration de la MMG : une mascarade.
Nous venons de recevoir une invitation pour participer à une mascarade : l’inauguration de la maison médicale de garde ouverte sur les décombres des urgences dans les locaux de l’hôpital de la ville de Lézignan et du pays corbières minervois.
Cette inauguration se fera en grande pompe en présence du préfet de l’Aude, responsable de la permanence des soins et de la directrice de l’agence régionale de santé en charge de la mise en œuvre de la loi Bachelot « Hôpital, Patients, Santé et Territoire », ordonnateurs locaux de la politique du gouvernement.
Ils viennent se féliciter chez nous de la mise en œuvre de la politique de désastre sanitaire mené par le gouvernement et sûrement, enfoncer le clou de la privatisation de l’hôpital en annonçant l’installation d’un scanner privé à la place du bloc opératoire, rénové en son temps à grand frais par la ville de Lézignan,
Nous combattons cette politique, elle nous met, toutes et tous, en situation de plus en plus difficile, voire impossible d’accéder aux soins et pour beaucoup de se soigner. Elle est injuste et indigne. Elle ne s’occupe que des intérêts de la finance.
Que, dans le même temps interviennent les personnalités politiques les plus éminentes de notre ville, de notre communauté de communes, de notre département, nous interpelle fortement et nous inquiète.
Peut-on en même temps combattre une politique et se féliciter de sa mise en œuvre ? Peut-on à ce point ignorer la volonté populaire ? Les élections sont-elles un blanc seing dont les élus pourrait user sans limite ?
Pour notre part, nous l’avons dit fortement : nous refusons la politique de casse du système de santé et il n’est pas question de cautionner l’aide apportée par les collectivités locales à une privatisation même partielle d’un service public. Nous avons voté contre la participation de la CCRL à la maison médicale de garde.
L’état, l’ARS et les médecins concernés avaient tous les moyens financiers d’installer la maison médicale dans un autre endroit que l’hôpital. Les élus majoritaires avaient la légitimité issue du suffrage populaire pour cela. Ils n’ont pas suivi ce chemin et ont oublié leur légitimité. Aujourd’hui, ils nous racontent un conte de fée sur l’intérêt de l’outil, sur sa fréquentation,….et que de toute façon, on ne peut pas faire autrement et bla bla et bla bla. Mais la fée n’a pas transformée la citrouille en carrosse et si cendrillon doit aller aux urgences, il faut qu’elle paye le carrosse. Et attendre. Dans des urgences narbonnaises ou carcassonnaises surchargées.
En fait cette journée de vendredi sera une expression politique triomphale de la consécration de la fusion du public et du privé, de l’affaiblissement du service public de santé et singulièrement la quasi disparition de notre hôpital en terme d’offre de soins de proximité pour tout le pays corbières minervois et sur Lézignan. C’est la politique de la droite.
Nous avons besoin au contraire d’une offre de soins complète basé sur un service public hospitalier restauré, autonome de proximité, des transports gratuits pour accéder aux soins, d’une coordination entre social et médical.
Toute la gauche doit prendre la mesure de la puissance des exigences populaires. Elle doit porter, ensemble, ces exigences pour que, enfin, il y ait un véritable changement politique. Ce vendredi 19 novembre ne sera pas une date à retenir dans l’agenda du changement.
Nous ne participerons pas à la mascarade.